Partager l'article ! Suivre ou guider: « Vouloir se conformer avant tout aux sentiments réels ou supposés des citoyens, c'est un comportement aussi vie ...
« Vouloir se conformer avant tout aux sentiments réels ou supposés des citoyens, c'est un comportement aussi vieux que la démocratie, mais qui, sous prétexte de la défendre, aboutit à la dévoyer. N'existe-t-il pas des circonstances où l'homme public a le devoir de précéder l'opinion ? Si c'est dans l'intérêt national, l'opinion ne retiendra que provisoirement contre lui ce décalage momentané ; à l'inverse, s'il la suit, et que les choses tournent mal, elle sera la première à lui faire le reproche de ne pas avoir osé lui montrer le chemin. »
Extrait de Louis Napoléon le Grand, chapitre IX, éd. Grasset, 1990 ;
écrit par Philippe Séguin,
administrateur d'État,
premier président de la Cour des comptes,
président du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (O.I.T.),
ancien professeur de l'Université française et de l'Université du Québec,
grand-officier de l'ordre national du Mérite,
officier de l'ordre national du Québec,
chevalier de l'ordre des Palmes académiques,
chevalier de l'ordre du Mérite agricole,
officier de l'ordre des Arts et des Lettres,
ancien président de l'Assemblée nationale,
ancien ministre du Travail et des Affaires sociales,
ancien député du département des Vosges,
ancien vice-président du Conseil général des Vosges,
ancien maire d'Épinal,
ancien président du R.P.R. (parti du Rassemblement Pour la République),
etc.
(bref, quelqu'un qui sait de quoi il en retourne, même s'il n'a pas toujours lui-même bien saisi la substantifique moelle de ses propres écrits :o)
______________________
Post-Scriptum : À l'usage des personnalités politiques qui ne l'auraient pas compris : diriger un peuple, c'est le précéder, le guider, et non pas le suivre comme un chien suit son os. La présidence de la République n'est pas la caisse enregistreuse de l'opinion publique.
Certes, les choses étaient plus claires quand l'accession au poste de chef de l'État ne dépendait pas de l'opinion publique ; d'où il me semble aberrant que le premier personnage de l'État puisse être élu, surtout pour un mandat d'une durée ridicule qui le laisse en proie à toutes les tentations démagogiques voire criminelles.