post-scriptum

Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 22:18

Voler dix millions d'euros à un homme d'affaire, c’est être un bandit ;
voler mille euros à dix mille ouvriers, c’est être un homme d’affaires.

___

Post-Scriptum :

Excusez-moi si, pour une fois, je me donne l'air de chanter avec le choeur ; mais ce n'est qu'apparence temporaire : je vais me resaisir dès le paragraphe suivant...

En fait, je me disais que la notion d'honnêteté, qui jadis était claire, tant qu'elle était fixée par la morale chrétienne et réglée par le Roi, est devenue subitement floue, depuis qu'elle est discutée .:sous le maillet:., fixée par les lois du parlement .:ripoublicain:. et appliquée par une police et une justice .:ripoublicaines:.

De mon temps (je vivais sous Louis le Grand), un surintendant des finances ou un fermier général qui se faisait construire un château, était de suite embastillé pour crime de lèse-peuple, et ce n'était que justice. Maintenant que nous avons - ou plutôt - que VOUS avez pris la Bastille pour confier aux pourris la tâche de vous protéger des pourris, ne craignez pas d'être trop protégés.

Comme l'écrivait le bon George Bernard Shaw, la démocratie est le régime qui vous garantit de ne pas être mieux gouvernés que vous le méritez. Tant pis pour vous.

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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 00:12

« Je crois au droit et à la valeur de l'homme, de l'homme indépendant et de l'honnête homme. Je suis pour le système où cet honnête homme peut être compté et se compte pour quelque chose, où il peut, à ses risques et périls, tenir tête au mensonge et au mal, au pouvoir comme aux factieux, où tous ne sont pas condamnés, pour arriver, pour briller, pour être, à toujours courtiser le pouvoir ou l'émeute, à se courber devant quelqu'un, devant un homme ou une foule, à passer sans cesse du club à l'antichambre : telle est ma foi politique. »

Charles de Montalembert : Des intérêts catholiques au XIXe siècle.

P.-S. : Ledit post-scriptum est en cours de réalisation.

 

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Mardi 16 janvier 2007 2 16 /01 /Jan /2007 00:02

« Depuis Jules Ferry, l’histoire est la principale arme d’assaut de propagande de l’État. Par les manuels et les leçons, l’école républicaine n’a cessé de truquer et de tronquer ce que l’honnête citoyen pouvait écrire. La mise en condition et le *formatage* du citoyen se poursuivent tout au long de sa vie par le commun des journaux, les romans et les images, les célébrations nationales, les émissions télévisées, les directives et les interdits.

Ces tout derniers temps, l’État veut, en France, soumettre la démarche historique à une étroite surveillance, et laisse de moins en moins de liberté aux centres de recherche qui n’ont même plus le loisir de choisir en toute indépendance leurs sujets d’enquête et leurs programmes.

L’Histoire s’est dévoyée. Elle se dit « science humaine », mais n’étudie souvent que des catégories, des classes et ordres, des conditions sociales où l’individu paraît effacé, inexistant, soumis à la géographie, à l’évolution des techniques, à l’économie ou même au « sens de l’Histoire ». Elle édicte des règles qui ne souffrent ni exceptions ni contradictions.

Du Moyen-Âge à nos jours, Jacques Heers dresse ici un inventaire des manipulations de l’Histoire. »

Pr Jacques Heers,
Agrégé d’histoire,
Professeur de l'Université française,
directeur du Département d’études médiévales de Paris-Sorbonne.

Pour acheter « L’Histoire assassinée : les pièges de la mémoire » aux Éditions de Paris :
http://www.editions-de-paris.com/article.php3?id_article=169

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Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 15:23

« Vouloir se conformer avant tout aux sentiments réels ou supposés des citoyens, c'est un comportement aussi vieux que la démocratie, mais qui, sous prétexte de la défendre, aboutit à la dévoyer. N'existe-t-il pas des circonstances où l'homme public a le devoir de précéder l'opinion ? Si c'est dans l'intérêt national, l'opinion ne retiendra que provisoirement contre lui ce décalage momentané ; à l'inverse, s'il la suit, et que les choses tournent mal, elle sera la première à lui faire le reproche de ne pas avoir osé lui montrer le chemin. »

Extrait de Louis Napoléon le Grand, chapitre IX, éd. Grasset, 1990 ;
écrit par Philippe Séguin,
administrateur d'État,
premier président de la Cour des comptes,
président du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (O.I.T.),
ancien professeur de l'Université française et de l'Université du Québec,
grand-officier de l'ordre national du Mérite,
officier de l'ordre national du Québec,
chevalier de l'ordre des Palmes académiques,
chevalier de l'ordre du Mérite agricole,
officier de l'ordre des Arts et des Lettres,
ancien président de l'Assemblée nationale,
ancien ministre du Travail et des Affaires sociales,
ancien député du département des Vosges,
ancien vice-président du Conseil général des Vosges,
ancien maire d'Épinal,
ancien président du R.P.R. (parti du Rassemblement Pour la République),
etc.
(bref, quelqu'un qui sait de quoi il en retourne, même s'il n'a pas toujours lui-même bien saisi la substantifique moelle de ses propres écrits :o)
______________________

Post-Scriptum  : À l'usage des personnalités politiques qui ne l'auraient pas compris : diriger un peuple, c'est le précéder, le guider, et non pas le suivre comme un chien suit son os. La présidence de la République n'est pas la caisse enregistreuse de l'opinion publique.

Certes, les choses étaient plus claires quand l'accession au poste de chef de l'État ne dépendait pas de l'opinion publique ; d'où il me semble aberrant que le premier personnage de l'État puisse être élu, surtout pour un mandat d'une durée ridicule qui le laisse en proie à toutes les tentations démagogiques voire criminelles.

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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /Nov /2006 15:48

Dans le même journal télévisé d'Antenne 2, on nous fait part, pêle-mêle, des nouveaux vaccins contre la grippe et la tuberculose, des progrès de la chirurgie faciale et bionique qui permette de rendre un visage et des membres à des accidentés, de la nouvelle campagne pour le don de moelle osseuse, du nombre sans cesse grandissant de centenaires ; puis on nous annonce que les champs sont épuisés et que les engrais nous empoisonnent, que les océans se vident de leurs poissons, que la déforestation fait avancer chaque jour le désert ; enfin il y a les guerres...

Mais ne voit-on pas que tout cela est lié ? Combien d'humains peut nourrir notre terre avant qu'elle ne s'épuise ? Combien d'humains peut héberger notre planète sans que ceux-ci ne se battent pour s'assurer le contrôle des ressources essentielles ?

On ne pense qu'à prévenir le vieillissement et la mort, comme s'ils étaient des hérésies de la vie ; mais on ne se pose plus la question de savoir ce que nous faisons de cette vie : l'aspect quantitatif a complètement occulter l'aspect qualitatif. Le prix à payer pour que nous puissions vivre plus longtemps, risque d'être la haine perpétuelle, les cataclysmes militaires et écologiques en tout genre.

Nos vies n'ont jamais été aussi vides de sens que depuis que nous les avons remises entre les mains du corps médical.

On soigne pour soigner, sans se demander pourquoi, simplement parce qu'on sait faire ; alors on le fait, en méprisant les attentes/envies du malade. Jusqu'au jour où, par un manque d'honnêteté et d'éthique à peine croyable, ceux-là mêmes qui ont administré au malade toutes sortes de traitements et d'expérimentations qui furent autant de tortures, exigent, toute honte bue et sans craindre la justice de Dieu, de pouvoir achever tranquillement leur cobaye sans avoir à craindre la justice des hommes.

Dieu, merci ! chaque fois que nous trouvons un vaccin, Il crée un nouveau virus. Est-ce pour stimuler sans cesse davantage l'intelligence de l'Homme en en repoussant les limites, et s'émerveiller Lui-Même de sa création ? Ou bien est-ce au contraire sa manière de nous rappeler qu'Il dispose de toute chose avec son infinie sagesse, et qu'Il n'entend pas laisser notre stupidité pervertir son oeuvre ? Ou bien encore est-ce sa manière de nous rappeler que l'Être éternel ne juge pas un homme à ce qu'il a vécu dix ou cent ans, mais à ce qu'il a fait de bon dans ce temps qu'il a vécu, et qu'on peut avoir aimé plus et avoir été aimé plus en ayant vécu moins.

Il est grand temps de remettre en cause notre "civilisation médicale".

Accepter la mort comme une nécessité, un cadeau de la vie ; vivre moins longtemps, mais vivre mieux ; aimer moins longtemps, mais aimer mieux ; savourer à chaque instant toute la substance de la Création avec d'autant plus d'émerveillement et de gratitude, que cette vie nous est comptée par Celui qui dispense les bienfaits : cela me semble un objectif philosophiquement plus défendable que celui de la médecine.

____

Post-Scriptum :

Grégory Lemarchal s'en est allé à l'âge de 23 ans. N'ayant rien à espérer de la médecine, celle-ci étant impuissante face à la mucoviscidose, il n'en a rien attendu, et s'est contenté de vivre pleinement le temps qui lui était imparti, de le vivre jusqu'au bout de ses rêves : il nous donne ainsi un magnifique exemple de ce que doit être le chemin de l'humanité. Nous ne devons pas vivre pour vivre, puis survivre pour survivre, en essayant de grappiller, jour après jour, quelques jours de plus que nous occuperions le plus inutilement du monde ; nous devons vivre pour accomplir pleinement notre destin, fut-il de seulement 23 années.

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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 18:03

« C'est au monarque que retourne de droit la plus grande partie de la louange qui est due à une bonne administration ; car ce ne sont jamais les bons sujets qui manquent aux rois, mais les rois qui manquent aux bons sujets. »

Mémoire de Sully, concernant Henri IV (par L'Écluse), livre Ier, p. 572.

« La démocratie est un régime qui nous garantit de ne pas être mieux gouvernés que nous le méritons. »

George Bernard Shaw.

_______

 

P.-S. : À bien y réfléchir, je crois qu'il ne manque pas de nations dans lesquelles on parviendrait à trouver un bon roi, sans que pour autant celui-ci puisse trouver assez de bons sujets pour mettre en place une bonne administration.

Si la France a connu des hauts et des bas, elle le doit certes à la qualité ou à la médiocrité de ses dirigeants ; mais il est tout aussi certain que si le peuple de France eût été un peuple médiocre, la France l'eût été également, quelles que fussent les qualités de ses dirigeants. Car enfin, je ne crois pas beaucoup au hasard ; or il est manifeste que c'est sur le continent le plus dénué de toute richesse naturelle que sont apparues les nations les plus glorieuses de l'histoire universelle, tandis que, sur les continents où l'or, les diamants et le pétrole jaillissent sous les pieds, périssaient misérablement les autres nations, sans que ni leurs rois ni leurs sujets ne pussent rien y faire.

L'Afrique, l'Asie et l'Amérique latine possèdent la quasi-totalité des réserves d'eau douce utilisables, la quasi-totalité des forêts exploitables, la quasi-totalité des surfaces cultivables, la quasi-totalité des mines de métaux et minéraux nécessaires à l'industrie, la quasi-totalité des réserves d'énergies fossiles, et enfin, ce qui ne devrait pas être la moindre des richesses, la quasi-totalité de l'humanité. Le peu que ces continents n'ont pas, l'Amérique du Nord et l'Australie se le partagent. Face à cela, que pouvaient opposer la France, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie ?

Qu'on le veuille ou non, il est assez remarquable qu'un tout petit peuple par la quantité, presque insignifiant, comme l'est le peuple de France, qui plus est sur un sol dénué de toute richesse, ait pu être un aussi grand peuple par la qualité : que ce soit sous le regard des lettres, des sciences, des arts, du commerce ou des armes, le peuple de France contient en lui seul presque tout le génie humain.

Cependant, il est tout aussi remarquable que, depuis que la démocratie nous sert de système politique en lieu et place du Roi, notre peuple n'est plus que l'ombre de lui-même.

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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 17:39

Alors que les états généraux de 1789 s'étaient proclamés Assemblée nationale constituante, et travaillaient à un projet qui devait aboutir à la constitution de 1791, la discussion se prolongeait sur le veto du Roi et sur sa nature.

Le comte de Mirabeau s'était prononcé pour le veto absolu du monarque ; et ce fut dans le cours de son opinion qu'il émit cette apostrophe vigoureuse :

« Un des opinants ne croit pas que, quand le peuple a parlé, la sanction royale soit nécessaire ; et moi, Messieurs, je crois le veto du Roi tellement nécessaire, que j'aimerais mieux vivre à Constantinople qu'en France, s'il ne l'avait pas. Oui, je le déclare, je ne connais rien de plus terrible que l'aristocratie souveraine de six cents personnes, qui demain pourraient se rendre inamovibles, après-demain, héréditaires, et finiraient, comme les aristocrates de tous les pays du monde, par tout envahir. »

Mais ni le sens profond de sa pensée, ni la vivacité de l'image sous laquelle il la présenta, ni sa popularité enfin, ne purent triompher de l'esprit de démocratie qui perçait déjà dans l'assemblée, et que, plus qu'un autre, il avait à se reprocher d'y avoir introduit.

P.-S. : Durant les vingt dernières années, soit de 1986 à 2006, l'Assemblée nationale a :
--- voté deux lois d'auto-amnistie pour tous les crimes et délits des parlementaires ;
--- autorisé plusieurs fois la prolongation "exceptionnelle" du mandat des députés, notamment en 2002 (prolongation jusqu'à juin 2002 du mandat de l'Assemblée échu en mars) ;
--- prolongé d'un an le mandat des maires qui devait échoir en 2007 (il va sans dire que si tous les maires ne sont pas députés, tous les députés sont maires) ;
--- modifié plusieurs fois le mode de scrutin et les découpages des circonscriptions, à la seule fin de se maintenir au pouvoir malgré le peuple ;
--- modifié 11 fois la constitution sans en référer au peuple, dont une fois pour proclamer l'irresponsabilité des ministres et du Président devant les tribunaux ordinaires ; une fois pour augmenter la durée des sessions parlementaires ; une fois pour étendre le domaine des lois, et donc les compétences de l'Assemblée ; une fois pour subordonner la constitution de la République française à une constitution européenne, sans même attendre le résultat du référendum visant à instituer cette dernière constitution (résultat qui fut négatif, comme chacun sait) ;
--- pris la très fâcheuse habitude d'écrire et de voter "L'Histoire officielle et indiscutable sous peine de prison ferme", et ce en violation totale de la Déclarartion des droits de l'homme et du citoyen de 1789, déclaration qui avait précisément pour objet de prévenir les prises de corps arbitraires pour délit d'opinion dont furent victimes les esprits libres du XVIIIe siècle ;
--- détourné plusieurs milliards d'euros au prétexte de constituer une caisse de retraite des parlementaires, alors que tous les députés ont déjà une voire plusieurs retraites, et alors que - dans le même temps, et par démagogie - ils ne tentaient rien pour assurer la pérennité du système de retraite des citoyens ordinaires ;
--- voté régulièrement des augmentations des indemnités et des avantages en nature des députés, de telle sorte que leurs revenus en monnaie constante ont augmenté cinq fois plus vite que ceux des citoyens ordinaires ;
--- créé sa propre chaîne de télévision ;
--- etc. (je préfère arrêter là, sinon je vais m'énerver :o)

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Lundi 30 octobre 2006 1 30 /10 /Oct /2006 19:14

« Lorsque tu voudras faire quelque chose, sache que tu auras contre toi ceux qui voulaient faire la même chose, ceux qui voulaient faire le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. »

Confucius

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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 20:39

Quoiqu’il fût agnostique, Fustel de Coulanges demanda des obsèques religieuses :

    « Je désire un service conforme à l’usage des Français, c'est-à-dire, un service à l’église. Je ne suis, à la vérité, ni pratiquant ni croyant ; mais je dois me souvenir que je suis né dans la tradition catholique, et que ceux qui m’ont précédé dans la vie étaient aussi catholiques. Le patriotisme exige que si l’on ne pense pas comme les ancêtres, on respecte au moins ce qu’ils ont pensé. »

Post-scriptum : J’aurais tendance à vouloir continuer Coulanges, en ajoutant : ...et qu’on ait l’humilité de ne pas prétendre que l’on pense mieux.

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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 14:27

« [7] Mais pour partager avec toi le fruit de cette journée, je dirai que j'ai découvert auprès de Hécaton, un des nôtres, que l'extinction des désirs est par surcroît le remède à la peur. "Tu cesses de craindre quand tu as cessé d'espérer." Tu diras : "Comment peut-on associer ces sentiments si différents ?" Mais il en est bien ainsi, mon cher Lucilius ! Ils semblent séparés, mais ils sont unis. Tout comme une même chaîne unit le gardien et son prisonnier, ces états d'âme si dissemblables se présentent ensemble. La peur est entraînée par l'espérance.
[8] Cela ne me surprend guère : les deux relèvent d'un coeur mal établi en lui-même et sont agités par l'attente du futur. Mais la cause principale de ces deux affections est que nous ne nous attachons pas à ce qui est là maintenant et que nous envoyons nos pensées dans le lointain. Voilà comment la prévoyance, un souverain bien de la condition humaine, s'est tournée en mal.
[9] Les bêtes sauvages fuient un danger quand elles le voient et, une fois hors de danger, elles sont tranquilles. Nous, nous sommes tourmentés tant par le passé que par l'avenir. Un grand nombre de nos richesses nous font du mal : la mémoire ramène le tourment de la peur, alors que la prévoyance l'anticipe. Personne n'est misérable en demeurant dans le seul moment présent.
Porte-toi bien. »

Sénèque, Extrait d'une lettre à Lucilius.

__________________________

Post-scriptum : C'est là une vision bien négative des choses ; c'est surtout oublier le revers positif de la médaille, à savoir que l'être humain peut tout autant utiliser sa capacité de prévoir ou de se souvenir, pour les bonnes choses que pour les mauvaises. Si nous n'avions pas cette capacité de nous promener dans notre mémoire et de nous projeter dans le futur, nous ne connaîtrions peut-être pas la peur, mais nous ne goûterions que très éphémèrement aux plaisirs de la vie, alors que - tels que nous sommes - nous pouvons en jouir bien avant et encore bien après le seul et bref instant où nous y avons goûté.

Et puis, Monsieur Sénèque, ce n'est ni plus ni moins que la conscience, qui est le propre de l'homme, que vous mettez en cause ! Soyez bovin si vous le voulez, mais je préfère être homme et à l'image de Dieu, doué de sentiments et d'une conscience. Zéro pointé, donc, pour Monsieur Sénèque :oD

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