Samedi 18 novembre 2006
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Dans le même journal télévisé d'Antenne 2, on nous fait part, pêle-mêle, des nouveaux vaccins contre la grippe et la tuberculose, des progrès de la chirurgie faciale et bionique qui permette de rendre un visage et des membres à des accidentés, de la nouvelle campagne pour le don de moelle osseuse, du nombre sans cesse grandissant de centenaires ; puis on nous annonce que les champs sont épuisés et que les engrais nous empoisonnent, que les océans se vident de leurs poissons, que la déforestation fait avancer chaque jour le désert ; enfin il y a les guerres...
Mais ne voit-on pas que tout cela est lié ? Combien d'humains peut nourrir notre terre avant qu'elle ne s'épuise ? Combien d'humains peut héberger notre planète sans que ceux-ci ne se battent pour s'assurer le contrôle des ressources essentielles ?
On ne pense qu'à prévenir le vieillissement et la mort, comme s'ils étaient des hérésies de la vie ; mais on ne se pose plus la question de savoir ce que nous faisons de cette vie : l'aspect quantitatif a complètement occulter l'aspect qualitatif. Le prix à payer pour que nous puissions vivre plus longtemps, risque d'être la haine perpétuelle, les cataclysmes militaires et écologiques en tout genre.
Nos vies n'ont jamais été aussi vides de sens que depuis que nous les avons remises entre les mains du corps médical.
On soigne pour soigner, sans se demander pourquoi, simplement parce qu'on sait faire ; alors on le fait, en méprisant les attentes/envies du malade. Jusqu'au jour où, par un manque d'honnêteté et d'éthique à peine croyable, ceux-là mêmes qui ont administré au malade toutes sortes de traitements et d'expérimentations qui furent autant de tortures, exigent, toute honte bue et sans craindre la justice de Dieu, de pouvoir achever tranquillement leur cobaye sans avoir à craindre la justice des hommes.
Dieu, merci ! chaque fois que nous trouvons un vaccin, Il crée un nouveau virus. Est-ce pour stimuler sans cesse davantage l'intelligence de l'Homme en en repoussant les limites, et s'émerveiller Lui-Même de sa création ? Ou bien est-ce au contraire sa manière de nous rappeler qu'Il dispose de toute chose avec son infinie sagesse, et qu'Il n'entend pas laisser notre stupidité pervertir son oeuvre ? Ou bien encore est-ce sa manière de nous rappeler que l'Être éternel ne juge pas un homme à ce qu'il a vécu dix ou cent ans, mais à ce qu'il a fait de bon dans ce temps qu'il a vécu, et qu'on peut avoir aimé plus et avoir été aimé plus en ayant vécu moins.
Il est grand temps de remettre en cause notre "civilisation médicale".
Accepter la mort comme une nécessité, un cadeau de la vie ; vivre moins longtemps, mais vivre mieux ; aimer moins longtemps, mais aimer mieux ; savourer à chaque instant toute la substance de la Création avec d'autant plus d'émerveillement et de gratitude, que cette vie nous est comptée par Celui qui dispense les bienfaits : cela me semble un objectif philosophiquement plus défendable que celui de la médecine.
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Post-Scriptum :
Grégory Lemarchal s'en est allé à l'âge de 23 ans. N'ayant rien à espérer de la médecine, celle-ci étant impuissante face à la mucoviscidose, il n'en a rien attendu, et s'est contenté de vivre pleinement le temps qui lui était imparti, de le vivre jusqu'au bout de ses rêves : il nous donne ainsi un magnifique exemple de ce que doit être le chemin de l'humanité. Nous ne devons pas vivre pour vivre, puis survivre pour survivre, en essayant de grappiller, jour après jour, quelques jours de plus que nous occuperions le plus inutilement du monde ; nous devons vivre pour accomplir pleinement notre destin, fut-il de seulement 23 années.